Interprètes: Dany Desjardins, Zoey Gauld, Simon-Xavier Lefebvre, Anne Thériault DJ et recherchiste musical: MC Gilles Dramaturge: Katya Montaignac Tangente du 16 au 19 octobre 2008
Marie Béland, chorégraphe de la relève, impressionne déjà par l’originalité et l’audace de ses propositions chorégraphiques. Marie Béland a offert au public montréalais une franche parodie du milieu de la danse et a partagé avec le public son amour de la danse tout en y amenant son propre questionnement. C’était comme voir une rétrospective humoristique des genres et des styles de la danse québécoise qui ont influencé les générations montantes.
Sous forme d’une démonstration qui engage le public a être attentif – Avant même de commencer la pièce, les danseurs demandent au public de bien lire le programme de spectacle (qui d’ailleurs contenaient des notes biographiques plutôt hilarantes dans lesquelles certains mots manquaient) afin de leur poser un petit quizz – Marie Béland invite le public à réfléchir sur nos attentes en tant que public et à nous poser la question sur ce qui nous touche et nous divertit.
Les tableaux s’enchaînent démontrant parfois à quel point les modes en danse ont vite créer des genres qui passent mal l’épreuve du temps. Plusieurs aspects y sont retracés comme le réalisme allemand, la crise sur scène, la confusion de l’improvisation, le lyrisme et le côté très kétaine que peut avoir la danse moderne. C’est ce regard doux et jovial sur le passé qui permet de peut-être affirmer qu’on les aime et que certaines formes de mouvement, malgré leur aspect défraîchi, peuvent toucher une corde sensible à l’être si « contemporain » que nous sommes.
Plusieurs tableaux très différents dissèctent aussi l’hermétisme de la danse contemporaine et se fait un malin plaisir à réinterpréter avec le Coverband Dance, les hit des chorégraphes réputés québécois comme Marie Chouinard, Édouard Lock (à l’époque de Louise Lecavalier), Margie Gillis, Jean-Pierre Perreault ou encore Dave Saint-Pierre.
Présupposant une forme pédagogique, Marie Béland possède un sens de l’humour qui trouve écho dans le cœur du public. Dans Dieu ne t’a pas créé juste pour danser, il y a aussi des moments truculents comme par exemple ce bout chorégraphique où les danseurs interprètent une chorégraphie en manque de financement, faisant la promotion de produits commerciaux à même leurs mouvements. Peut-être que ça arrivera tôt ou tard… ou encore cette performance engagée, 3:05 avant la fin, qui fait écho à la préservation de notre environnement.
Le travail de Marie Béland possède une certaine affinité avec le travail de Martin Bélanger dans la Grande théorie unifiée. Là où les danseurs portent des t-shirt avec leur nom, s’amusent sur scène dans une multitude de propos, questionnant la danse contemporaine et partageant leurs moments d’extase en danse. Là où l’élitisme et l’aura du chorégraphe imposant une vision personnelle n’a certainement plus sa place.
En plus, quel plaisir de voir les premiers pas de danse de MC Gilles, animateur musical bien connu pour son émission de meilleur musique trash Va chercher le fusil sur les ondes de CISM ! Là aussi on reconnait la touche de Catherine Tardif, lorsqu’elle a mis en scène le réputé musicien Jean Derome dans la pièce Décorum. On hâte à une prochaine…
Chère Marie, j’aime bien ce commentaire, il me permet de me souvenir de la pièce, des moments que j’ai aimés. On sent que tu apprécies le travail de Marie B. et de son invité vedette – le « spécial guest star » : MC GIlles -, cela se sent dans tes remarques. J’ai lu, juste avant, ton commentaire sur le travail de Frédéric Gravel, et il me semble que le travail de Marie Bé s’approche un peu plus – que le sien – de l’idéal de la danse populaire proné par les gens de La deuxième porte à gauche : de tout ce que j’ai vu d’eux, c’est ce qui m’est apparu comme le plus amusant – entendu que « les gens » aiment bien s’amuser. Voilà chère Marie… À bientôt !