Retour sur deux journées bien remplies au Parcours Danse 2008
Quel plaisir que d’assister à ce Parcours Danse, mouture 2008… Depuis plusieurs années, l’organisme La danse sur les routes du Québec organise cet événement de rencontres entre créateurs, interprètes, diffuseurs, agents de développement et instances politiques afin d’unir la communauté de la danse et le milieu de la diffusion et de la promotion de la danse sous un même toit avec comme objectifs le dialogue et la compréhension…
Les 27 et 28 novembre derniers, j’ai eu le plaisir d’assister à ce parcours rassembleur. Pour débuter, Dena Davida, dans sa conférence intitulée Imaginons la danse autrement, nous questionnait sur nos habitudes de réception de la danse tout en nous présentant son expérience de mémoire de maîtrise, qui traitait du spectacle Luna de Ginette Laurin comme événement chorégraphique. Elle a d’ailleurs peut-être surpris plus d’un en affirmant que l’événement chorégraphique pourrait ne pas avoir de début, ni de fin et a interpellé beaucoup ma curiosité avec les catégories sociologiques de classement des types de danse… Ensuite Mélanie Demers, après avoir interprété la version courte de son Mayday - qui m’a profondément ému -, avec son comparse Jacques Poulin-Denis, nous a impliqué dans son processus de travail. Demers nous a demandé ce que nous pensions de la version française de son texte déclamé, à l’origine écrit en anglais, dans la perspective d’un spectacle en France. Intéressant travail d’équipe avec le public… Puis, en fin de cette première journée, il y avait Les belles échappées où Andrew Turner (très drôle), Jean-Sébastien Jourdais (énigmatique) et la Compagnie Krea Movo (intègre) ont usé de fines stratégies afin de vendre leur salade aux diffuseurs présents.
Deuxième jour : après les croissants et le café, on démarre avec Les Aperçus où l’on découvre, ou revoit avec plaisir, des extraits chorégraphiques comme le très touchant Nu d’Harold Rhéaume et l’excentrique K-5 de Lina Cruz. Puis, Louis-Martin Charest expose sa passion pour le grand écran et présente des images du sophistiqué film issu de son œuvre chorégraphique Blanche. Naomi Stikeman offre à voir un vidéoclip de son magnifique Çaturn et Manon Oligny, accompagnée de l’une de ses interprètes, décrit l’intrigante Écurie qu’elles avaient présentée, entre autres, à la SAT. En fin d’après-midi, dans la résidence des artistes, des frissons parcouraient le grand studio avec la présentation de la chorégraphie In Paradisum, créé par James Kudelka en 1983, remontée par Coleman Lemieux & compagnie et interprétée par d’excellents danseurs, dont deux du caste original, Sylvain Lafortune et Sylvain Senez.
En final de ce parcours, c’est vers des territoires virtuels que cet événement nous a mené avec la conférence des artistes technochorégraphes, Martine Époque et Denis Poulin, sur leur fascinant travail numérique de la danse à l’état pur, presque sans la présence du corps humain, ou encore sur les signatures corporelles pouvant être codifiées. Un univers vraiment à la fine pointe de la recherche et pour l’ouverture sur de nouveaux territoires pour la danse. En conclusion, deux jours de ressourcement branchés avec le milieu, toute catégories confondues… J’ai déjà hâte à l’année prochaine.
Pour info :
À retrouver ultérieurement sur le site de La danse sur les routes du Québec, les deux conférences de Parcours Danse : celle de Dena Davida sur son travail de Maîtrise et la présentation des co-directeurs de LARTech, Martine Époque et Denis Poulin.
www.ladansesurlesroutes.com