Dimanche dernier à Tangente, dans le cadre de Danses en famille, j’ai assisté à un spectacle très divertissant, présenté par la bande. Avec leur production Sonya & Yves, Sonya Stefan et Yves Saint-Pierre ont démontré leur talent de danseur versatile en interprétant 11 courtes chorégraphies aux styles les plus variés (tango, jazz, moderne, contemporain, swing, théâtral). Même si la qualité des pièces chorégraphiques et de l’interprétation était très bonne, on avait parfois l’impression d’assister à un show du Match des étoiles ou à l’émission américaine, So you think you can dance… Signe de notre époque ? Ce n’est pas nécessairement péjoratif… Mais grâce à leur sens de l’humour éclaté et franchement dérisoire, ils ont certainement sauvé la mise d’un spectacle qui aurait pu être que d’un niveau de profondeur… Les contrastes entre les chorégraphies était bien en évidence avec les signatures d’artistes comme, entre autres, Mélanie Demers, Andrew Tay, Paul-André Fortier, Harold Rhéaume, Sara Febbraro et Louise Lapierre… Par moment, des petites perles dramatiques émergent mais qui aussitôt entr’aperçus, disparaissent pour laisser place à d’autres bijoux plus légers et dynamiques. Notons la collaboration artistique de Sylvain Poirier à la mise en scène et de Lucie Bazzo, à la conception des éclairages très colorés et pop, qui a bien su mettre en lumière l’aspect kitsch de la production… Aussi, personnellement, j’aurais pu entendre davantage de ces quelques effleurements critiques sur la situation du danseur : jusqu’où ira-t-il pour avoir de l’emploi ? Même pondre un œuf, nu sur la scène devient une possibilité… Et le côté glamour de cette profession, presque nul en vérité, qui est fortement mis en évidence par l’excellent vidéoclip d’introduction, le show conçu par le couple mythique Sonya et Yves, produit par Sonya et Yves, interprété par Sonya et Yves, etc… à ne pas confondre avec les célèbres partenaires Jack & Jill, Boule et Bill, Dupont et Dupond… Ou encore, avant l’entrée en salle, le public pouvait se faire prendre en photo derrière un personnage jaune et dont les clichés était épinglés sur une colonne, sous le slogan : J’y étais… Finalement, voir un spectacle de danse contemporaine peut aussi être très in…
À noter que la bande est constituée de Sonya Stefan, Yves Saint-Pierre et de Sylvain Poirier. Ce dernier est d’ailleurs assez actif sur le net avec des projets de recherche chorégraphique : www.dansesylvaindanse.com
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à venir pour l’émission radio de jeudi 11 décembre, deux entrevues avec des artistes inclasssables:
• Caroline Dubois et Claudia Fancello du projet L’individualisme est une erreur.3, créé en collaboration avec Jacob Wren, de PME-Art
• Dulcinea Langfelder pour sa première mondiale : La Complainte de Dulcinée, un spectacle incroyable…
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Retour sur deux journées bien remplies au Parcours Danse 2008
Quel plaisir que d’assister à ce Parcours Danse, mouture 2008… Depuis plusieurs années, l’organisme La danse sur les routes du Québec organise cet événement de rencontres entre créateurs, interprètes, diffuseurs, agents de développement et instances politiques afin d’unir la communauté de la danse et le milieu de la diffusion et de la promotion de la danse sous un même toit avec comme objectifs le dialogue et la compréhension…
Les 27 et 28 novembre derniers, j’ai eu le plaisir d’assister à ce parcours rassembleur. Pour débuter, Dena Davida, dans sa conférence intitulée Imaginons la danse autrement, nous questionnait sur nos habitudes de réception de la danse tout en nous présentant son expérience de mémoire de maîtrise, qui traitait du spectacle Luna de Ginette Laurin comme événement chorégraphique. Elle a d’ailleurs peut-être surpris plus d’un en affirmant que l’événement chorégraphique pourrait ne pas avoir de début, ni de fin et a interpellé beaucoup ma curiosité avec les catégories sociologiques de classement des types de danse… Ensuite Mélanie Demers, après avoir interprété la version courte de son Mayday - qui m’a profondément ému -, avec son comparse Jacques Poulin-Denis, nous a impliqué dans son processus de travail. Demers nous a demandé ce que nous pensions de la version française de son texte déclamé, à l’origine écrit en anglais, dans la perspective d’un spectacle en France. Intéressant travail d’équipe avec le public… Puis, en fin de cette première journée, il y avait Les belles échappées où Andrew Turner (très drôle), Jean-Sébastien Jourdais (énigmatique) et la Compagnie Krea Movo (intègre) ont usé de fines stratégies afin de vendre leur salade aux diffuseurs présents.
Deuxième jour : après les croissants et le café, on démarre avec Les Aperçus où l’on découvre, ou revoit avec plaisir, des extraits chorégraphiques comme le très touchant Nu d’Harold Rhéaume et l’excentrique K-5 de Lina Cruz. Puis, Louis-Martin Charest expose sa passion pour le grand écran et présente des images du sophistiqué film issu de son œuvre chorégraphique Blanche. Naomi Stikeman offre à voir un vidéoclip de son magnifique Çaturn et Manon Oligny, accompagnée de l’une de ses interprètes, décrit l’intrigante Écurie qu’elles avaient présentée, entre autres, à la SAT. En fin d’après-midi, dans la résidence des artistes, des frissons parcouraient le grand studio avec la présentation de la chorégraphie In Paradisum, créé par James Kudelka en 1983, remontée par Coleman Lemieux & compagnie et interprétée par d’excellents danseurs, dont deux du caste original, Sylvain Lafortune et Sylvain Senez.
En final de ce parcours, c’est vers des territoires virtuels que cet événement nous a mené avec la conférence des artistes technochorégraphes, Martine Époque et Denis Poulin, sur leur fascinant travail numérique de la danse à l’état pur, presque sans la présence du corps humain, ou encore sur les signatures corporelles pouvant être codifiées. Un univers vraiment à la fine pointe de la recherche et pour l’ouverture sur de nouveaux territoires pour la danse. En conclusion, deux jours de ressourcement branchés avec le milieu, toute catégories confondues… J’ai déjà hâte à l’année prochaine.
Pour info :
À retrouver ultérieurement sur le site de La danse sur les routes du Québec, les deux conférences de Parcours Danse : celle de Dena Davida sur son travail de Maîtrise et la présentation des co-directeurs de LARTech, Martine Époque et Denis Poulin.
www.ladansesurlesroutes.com
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Écouter l’émission
Deux entrevues avec deux danseuses qui exposent la féminité de manière complètement opposée, mais qui se rejoignent dans l’ÉTAT de présence sur scène.
• Marie-Claude Rodrigue avec sa compagnie Fragments Libres invite le public à pénétrer dans une méditation qu’est son spectacle TERRITOIRES FÉMININS, présenté au MAI jusqu’au 30 novembre. Elle explore par des rituels sacrés, inspirés des traditions autochtones et bouddhistes les différents territoires de la féminité. Une œuvre toute en douceur YING avec des chants autochtones, des textes de Judith Duerke et des images vidéos de la rivière Abénakis.
• Entrevue avec Mélanie Haché, directrice artistique de la compagnie Mandala Sitù, qui présente WARNING au Théâtre La Chapelle jusqu’au 30 novembre également. La jeune compagnie Mandala Sitù, propose une incursion dans l’univers cru et trash de Dave Saint-Pierre qui questionne la condition de la femme en cette ère d’hypersexualisation, de surconsommation, d’individualisme et de compétition. Des miliers de balles de tennis, un lapino-mobile où il fait bon se promener si l’on en croit les cris de délire de la lapinette et un mariage qui tourne à la catastrophe… Bref un univers déjanté et coloré qui, par moment, s’assombrit avec des images assez crues…
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La trilogie des flous de Daniel Danis
Présenté à l’Usine C, du 11 au 16 novembre 2008
Idéateur, concepteur et auteur Daniel Danis
Actants Daniel Danis, Huy-Phong Doan, Louliko Shibao
Voix : Marie-Pascale
Musique et exécution en direct : Jean-Michel Dumas
Espace et objets : Martin Dufrasne, Massimo Guerrera, Nicolas Côté
Projection et traitement de l’image Sébastien Roy, Lucie Bélanger, Vincent Chapdeleine-Couture, Jean Soucy, Nicolaï Starinsky, Louis Bouchard, Yanik Landry-Ducharme / Vidéo Boran Richard Continuer à lire »
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Crépuscule des océans
Chorégraphie : Daniel Léveillé
Interprètes: Frédéric Boivin, Mathieu Campeau, Caroline Gravel, Justin Gionet, Ivana Milicevic, Emmanuel Proulx, Gaëtan Viau
Musique: Ludwig van Beethoven
Agora de la danse du 12 au 20 novembre 2008
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Écoutez le programme [audiohttp://www.museevivant.info/audio/20081113.14.02-15.05.mp3]
• Rencontre en studio avec Lys Stevens, commissaire des vernissages danse du Studio 303 avec qui on échange sur le gène de la danse et des relations intergénérationnelles. Lys annonce également la programmation du Vernissage-danse #141, qui se déroule à deux reprises le samedi 15 novembre avec plusieurs artistes dont deux danseuses de New York (Karen Bernard et Leigh Evans) et un film de Ginette Laurin, Coppia 2 qui traite justement des affiliations parentales dans la danse.
• Entrevue avec Stéphane Gladyszewski, autour de son processus de création pour sa pièce multidisciplinaire Corps Noir, qui se déroule à Tangente pendant trois semaines. Caméra Thermique, Test de Rorschach, exploration du psyché : un projet audacieux au rendez-
«Corps Noir: En physique un corps noir désigne un objet idéal dont le spectre électromagnétique ne dépend que de sa température.» (extrait du programme du spectacle)
Sélection musicale : Fabulous troubadour (France-Brésil), Orisha (France-Cuba), Kazic (Pologne) etc…
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Écouter l’émission
• Rencontre avec Naomi Stikeman, conceptrice du projet Çaturn, un spectacle de danse et film présenté à l’Usine C du 5 au 15 novembre. Une pièce qui parle de perruques, d‘identité, d’œufs et de dinosaures. Intrigant… Dans le cadre de la programmation de Danse-Cité, la trace des créateurs.
Pour plus d’info sur Naomie Stikeman et sa compagnie One Yellow Fish inc.
• Entrevue avec Andrew Forster, autour de Ossip, sa création multidisciplinaire autour du poète russe Ossip Mandelstam, présenté conjointement avec daylight de Dean Makarenko à Tangente dans le cadre de Impulsion. Ossip utilise comme point de départ le poème «You and I» du poète russe Mandelstam décédé en chemin vers un camp de concentration sous la période stalienne. Lien sur Ossip Mandelstam.
Pour en savoir plus sur Andrew Forster : www.reluctant.ca
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GravelWorks
Concept et direction: Frédérick Gravel / Création et interprétation: Francis Ducharme, Ivana Milicevic, Lucie Vigneaut, Jamie Wright, Frédérick Gravel et les musiciens Stéphane Boucher et Hugo Gravel / Dramaturgie: Katya Montaignac. Présenté à Tangente 23 au 26 octobre 2008. Continuer à lire »
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Interprètes: Dany Desjardins, Zoey Gauld, Simon-Xavier Lefebvre, Anne Thériault DJ et recherchiste musical: MC Gilles Dramaturge: Katya Montaignac Tangente du 16 au 19 octobre 2008
Marie Béland, chorégraphe de la relève, impressionne déjà par l’originalité et l’audace de ses propositions chorégraphiques. Marie Béland a offert au public montréalais une franche parodie du milieu de la danse et a partagé avec le public son amour de la danse tout en y amenant son propre questionnement. C’était comme voir une rétrospective humoristique des genres et des styles de la danse québécoise qui ont influencé les générations montantes.
Sous forme d’une démonstration qui engage le public a être attentif – Avant même de commencer la pièce, les danseurs demandent au public de bien lire le programme de spectacle (qui d’ailleurs contenaient des notes biographiques plutôt hilarantes dans lesquelles certains mots manquaient) afin de leur poser un petit quizz – Marie Béland invite le public à réfléchir sur nos attentes en tant que public et à nous poser la question sur ce qui nous touche et nous divertit.
Les tableaux s’enchaînent démontrant parfois à quel point les modes en danse ont vite créer des genres qui passent mal l’épreuve du temps. Plusieurs aspects y sont retracés comme le réalisme allemand, la crise sur scène, la confusion de l’improvisation, le lyrisme et le côté très kétaine que peut avoir la danse moderne. C’est ce regard doux et jovial sur le passé qui permet de peut-être affirmer qu’on les aime et que certaines formes de mouvement, malgré leur aspect défraîchi, peuvent toucher une corde sensible à l’être si “contemporain” que nous sommes.
Plusieurs tableaux très différents dissèctent aussi l’hermétisme de la danse contemporaine et se fait un malin plaisir à réinterpréter avec le Coverband Dance, les hit des chorégraphes réputés québécois comme Marie Chouinard, Édouard Lock (à l’époque de Louise Lecavalier), Margie Gillis, Jean-Pierre Perreault ou encore Dave Saint-Pierre.
Présupposant une forme pédagogique, Marie Béland possède un sens de l’humour qui trouve écho dans le cœur du public. Dans Dieu ne t’a pas créé juste pour danser, il y a aussi des moments truculents comme par exemple ce bout chorégraphique où les danseurs interprètent une chorégraphie en manque de financement, faisant la promotion de produits commerciaux à même leurs mouvements. Peut-être que ça arrivera tôt ou tard… ou encore cette performance engagée, 3:05 avant la fin, qui fait écho à la préservation de notre environnement.
Le travail de Marie Béland possède une certaine affinité avec le travail de Martin Bélanger dans la Grande théorie unifiée. Là où les danseurs portent des t-shirt avec leur nom, s’amusent sur scène dans une multitude de propos, questionnant la danse contemporaine et partageant leurs moments d’extase en danse. Là où l’élitisme et l’aura du chorégraphe imposant une vision personnelle n’a certainement plus sa place.
En plus, quel plaisir de voir les premiers pas de danse de MC Gilles, animateur musical bien connu pour son émission de meilleur musique trash Va chercher le fusil sur les ondes de CISM ! Là aussi on reconnait la touche de Catherine Tardif, lorsqu’elle a mis en scène le réputé musicien Jean Derome dans la pièce Décorum. On hâte à une prochaine…
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